Ballade en montagne


En hauts des roches de mon pays

On trouve des hommes dès le matin

Ils errent, se perdent, et suivent les lits

Des ruisseaux montant vers les pins.

Ces petits marcheurs incertains

Qui redescendent au bout d’un temps

Espèrent trouver dans les ravins

Le silence pur des sommets blancs

Quelques-uns montent, les plus hardis,

Jusqu’au dernier saut du chemin.

Alors automates vieillis

Les mecaniques s’arrêtent enfin.

Lorsque se taisent les verins

Et le fracas des corps bruyant,

Ils s’abandonnent alors soudain

Au silence pur des sommets blancs.

C’est une étreinte qui saisit,

Qui essoufle un peu comme un bain

D’une eau trop froide que, surpris,

Le baigneur prendrait au matin.

La noirceur des gouffres marins

Résonne certes bien calmement

Mais nul bercement ne revient

Au silence pur des sommets blancs.

Ami aux jours de grand chagrin

Quand ton esprit est en tourment

Monte sans cesse, monte, atteins

Le silence pur des sommets blancs.